Quand la balance contrôle ta vie

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J’ai décidé de le faire. Ce n’est pas facile. Ça brasse des émotions, beaucoup d’émotions. Ça fait sortir des bibittes comme on dit.

Pendant plus de 20 ans, j’ai livré un combat contre mon poids.  Un combat de tous les jours qui m’a retranchée dans les coins les plus sombres de moi-même.

Quand tu as une obsession pour ton poids et que tu te pèses plusieurs fois par jour, ce n’est pas quelque chose que tu cries sur les toits.  Tu gardes ça pour toi de peur d’être jugée ou de passer pour une « freak ».

Oui, mon poids était vraiment une obsession.  Voici la définition du mot obsession dans le dictionnaire Larousse « Idée répétitive et menaçante, s’imposant de façon incoercible à la conscience du sujet, bien que celui-ci en reconnaisse le caractère irrationnel ».

Je savais que c’était irrationnel, mais c’était plus fort que moi. J’avais toujours mon poids en tête. À chaque jour, je pouvais dire combien je pesais, au dixième près. Un besoin maladif de contrôle. Ce contrôle, je pensais l’avoir en me pesant plusieurs fois par jour.

J’aurais voulu être capable de me libérer de ce boulet qu’était devenue la balance. La jeter par la fenêtre. Ne plus y penser. Jamais.  Même si parfois, cet objet de malédiction me faisait peur, j’étais attirée par un aimant.  Elle me tenait enchaînée avec un boulet à la cheville, esclave de son pouvoir.  J’ai perdu du poids. J’en ai repris. Mais ce que j’ai perdu de plus important, c’est ma confiance et mon estime personnelle. Elles ont mangé toute une claque.

Aujourd’hui, j’ai une relation beaucoup plus saine avec la balance. Je sais que suis fragile et que je peux retomber dans ce piège infernal. Lorsque je m’aperçois que je suis au bord de retomber, je repense à tout ce qu’elle m’a fait vivre et je me dis que je vaux bien plus qu’un chiffre.

Cette relation d’amour et de haine

Je qualifierais cette relation comme en étant une d’amour et de haine. Le matin quand tu te lèves, ta première pensée va pour elle « Bon, qu’est-ce que la balance va me dire ce matin ? ».

C’est la première chose que tu fais en sortant du lit.  Tu cours dans la salle de bain pour qu’elle te donne le ton de la journée. Avant de poser le pied sur elle, tu la regardes avec des sentiments mitigés. Tu as hâte, mais en même temps tu es inquiète. Tu espères qu’elle te montrera ce que tu veux voir. Un chiffre à la baisse. Tu as tellement fait d’efforts et de sacrifices. Elle n’a pas le choix.

Un sentiment d’excitation t’envahit.  Tu es certaine d’avoir perdu du poids. Ça ne peut pas faire autrement. Ouf ! C’est le moment de vérité. Tu fermes les yeux. Tu attends quelques secondes. Tu baisses ton regard et tu l’affrontes.  Confiante. Voici ce qui se passe :

Scénario 1

Le chiffre est à la hausse ou au statu quo.  « Comment c’est possible. Je  fais tellement d’efforts. Pourquoi  ça ne fonctionne pas. » Tu débarques et tu te pèses une deuxième fois. Elle doit s’être trompée. Il y a quelque chose de pas normal. Tu n’y crois pas. Ça ne se peut pas. Le moral en prend pour son rhume. Une vague d’émotions t’envahit : incompréhension, frustration, déception, peine. Tu vis un grand sentiment d’échec.  Comme si ce n’était pas suffisant, tu vas te punir. Tu vas diminuer de façon excessive la quantité d’aliments que tu manges, même si tu sais pertinemment que tu ne manges pas suffisamment.  Résultat : ton obsession du poids est encore plus forte.  

Scénario 2

Le chiffre est à la baisse. « Yes ! Je le savais ! ». Merci. La journée commence bien. Tu te sens bien. Elle a décidé qu’aujourd’hui tu serais de bonne humeur. Tu ressens une grande satisfaction intérieure.  Tu as l’impression d’être en contrôle.  En contrôle de ce que tu manges, en contrôle de ton image, de ton poids, bref, en contrôle de ta vie. La belle illusion.

Mais qu’est-ce que tu contrôles au juste ?

Qui tient les ficelles ?

Qu’est-ce qui nous pousse à nous peser si souvent ? Pourquoi la balance a-t-elle ce si grand pouvoir d’attraction ? Oui, c’est l’espoir de perdre du poids mais ça va plus  loin que ça. Je pense que tout est une question de contrôle.  

Le contrôle c’est la sécurité. C’est planifier et surveiller. Planifier ce qu’on mange en fonction de ce que nous dit la balance et surveiller ça de près en se pesant plusieurs fois par jour.

Il y a souvent un sentiment de peur à la base du contrôle. Peur que notre poids augmente sans qu’on s’en aperçoive, peur du regard des autres, peur du rejet. 

Pendant des années, j’ai pensé que je contrôlais ma vie. J’ai réalisé un jour que c’est plutôt la balance qui me contrôlait : mes choix alimentaires, mon humeur, mes émotions, mon estime, ma confiance.  

Pour maintenir le contrôle, cela nous demande une dépense d’énergie constante. C’est épuisant à la longue. Cette phrase démontre bien toute l’énergie perdue « Ce contre quoi je lutte avec force se renforce ».   La volonté de contrôle est une source de stress et de pression énorme.  Cela amène beaucoup d’insatisfaction.

Ce désir de vouloir contrôler démontre aussi un signe de perfectionnisme.  Vouloir à tout prix être parfaite : la mère parfaite, l’épouse parfaite, l’employée parfaite et la femme parfaite. Celle qui fait attention à ce qu’elle mange, qui n’engraisse jamais, qui s’entraîne 4-5 fois semaine et qui a l’air d’un mannequin sorti tout droit d’un magazine.  Wo minute ! On peut-tu arrêter de se mettre autant de pression et juste se laisser aller à la liberté d’être ?  Être soi-même. Être équilibré. Être libre. Être bien.

Reprendre son pouvoir

Au lieu de donner le pouvoir de contrôler votre vie à quelque chose d’extérieur à vous, donnez-vous le pouvoir de prendre la responsabilité de votre vie. Lorsqu’on contrôle, on subit sa vie. Être responsable de sa vie, c’est agir en conformité avec ce qu’on choisit d’être…

  • Être libre c’est avoir le pouvoir de décider 
  • Décider, c’est être responsable
  • Être responsable, c’est être cohérent
  • Être cohérent, c’est maintenir dans le temps des comportements alignés avec ces choix de vie

Quelque part en vous il y a des clés qui vous libéreront du contrôle pour vous guider vers le lâcher-prise. Les clés de l’acceptation, de la confiance et de la paix intérieure. 

Laissez-vous porter par la vie, sans forcer les choses.  Celles-ci se feront naturellement. Vous verrez, c’est bien moins fatigant que de nager à contre-courant !

Cela vous interpelle ? Contactez-moi et nous verrons comment mes services pourraient vous aider.

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